Après le déroulement du scrutin relatif aux Communales le 12
juin 2009, les batailles partisanes pour la conquête des présidences
des conseils ont été portées au Sahara occidental et, plus précisément,
dans la ville de Laâyoune. Celle-ci est le chef-lieu de ce territoire
contesté sur le plan du droit international mais sous administration
marocaine depuis 1975. C’est un territoire riche. Il recèle des
potentiels économiques considérables et la gestion de ses grandes
villes est un enjeu politique majeur. Compte tenu de l’importance
stratégique de ce territoire, la question de son développement, les
problématiques du changement et le rôle des jeunes Sahraouis dans le
climat de tension politique ambiant constituent des priorités pour le
roi Mohammed VI dans sa politique au Sahara occidental. Nombre de ses
discours le prouvent. Celui de mars 2006 par exemple à Laâyoune, est un
moment politique fort car il exprime une volonté de valorisation de la
place et du rôle des jeunes dans la dynamique du développement local.
Tous les travaux de recherches et les enquêtes de terrain au Sahara
occidental montrent à quel point les facteurs sociaux peuvent être un
catalyseur de la contestation sociopolitique et une source de marasme
et de mal de vivre politique parmi les jeunes de ce territoire. Mais
face à cette volonté royale maintes fois exprimée, la réalité
socio-économique est marquée par la domination de fait des notables et
des rapports clientélistes : une poignée de familles qui se comportent
comme de véritables féodaux, monopolisant l’essentiel des moyens de
production et marginalisant les forces émergeantes, pour la plupart des
jeunes ayant effectué leurs études dans les universités marocaines. A
la veille des Communales, Fouad Ali El Himma avait tenté de s’attaquer
électoralement à l’une des familles les plus emblématiques de cet état
de fait : les Ould Errachid, davantage un clan, dont le chef porte le
nom de Khelli Henna, président du CORCAS (Conseil royal pour les
affaires sahraouies), qu’une famille. En vain, car en dépit des
résistances qui se sont dressées contre le frère de Khelli Henna et
Hamdi Ould Errachid, celui-ci a pu conquérir le conseil provincial de
Laâyoune. C’est donc la continuité qui l’a emporté au détriment de la
volonté de changement prônée par le discours officiel. Même s’il ne
s’agit que de discours, les autorités marocaines sont contraintes de
réviser les paramètres sur lesquels elles se sont jusque-là basées pour
définir leur stratégie au Sahara occidental. Il n’est plus permis que
des «seigneurs» continuent de gérer ce territoire de manière aussi
déséquilibrée, marginalisant les jeunes et réduisant la majorité de la
population à un état permanent de misère et de fragilité sociale. A
tout cela s’ajoute l’impunité. A la veille des élections communales,
par exemple, les ONG marocaines ont rapporté des informations précises
sur l’octroi par le clan Errachid de lots de terrains dans des
conditions ambiguës, à des fins électorales. Un exemple parmi d’autres,
car le quotidien en foisonne.
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