«Mon parti soutient le respect à la diversité et à l’interculturalité»
Par : Aïda Semlali
Comment avez-vous rejoint le PSOE? Quelles idées vous ont séduit? Depuis
tout petit, la politique et les hommes politiques m’ont toujours
intéressé, surtout Felipe González qui gouvernait à cette époque et que
j’aimais écouter lors de meetings et à la télévision. Il y a environ
dix ans qu’il y eut un changement au sein du PSOE. Un autre grand
politique qui capta toute mon attention apparut alors, José Luís
Rodríguez Zapatero, l’actuel Premier ministre. C’est à ce moment-là que
j’ai décidé d’aller plus loin et de passer de simple votant à militant
du PSOE. De plus, j’ai vu que ce parti était celui qui se rapprochait
le plus de mes idées de respect et de lutte pour la diversité et la
dignité des personnes. En tant que fils de travailleurs et d’immigrés,
il me paraissait difficile d’appartenir à un autre parti en Espagne qui
ne soit pas le PSOE.
Quelles sont les prérogatives et le champ de manœuvre du groupe Arabe socialiste ? Le
groupe Arabe socialiste du PSOE est né de la nécessité de rendre
visible une réalité de la société dans laquelle nous vivons. Au PSOE,
nous travaillons chaque jour afin que notre parti soit celui qui
ressemble le plus à l’Espagne. Ce groupe sert de pont entre la société
civile et mon parti pour transmettre les préoccupations et propositions
dans les deux sens et ceci se fait par le biais du Secrétariat des
Mouvements sociaux.
Vous êtes candidat aux européennes en juin prochain. Quelles sont les chances du PSOE ? Le
fait d’inclure un fils d’immigrés d’origine marocaine dans les listes
du PSOE est un pari manifeste de mon parti qui soutient le respect à la
diversité et à l’interculturalité et prouve clairement que la société
espagnole est en plein changement. Lors des dernières élections qui ont
eu lieu en 2004, le PSOE a obtenu plus de députés que la droite au
Parlement européen et nous voulons que le résultat des prochaines
élections du 7 juin nous ramène à nouveau à la victoire.
Etes-vous favorable au droit de vote accordé aux étrangers lors des élections municipales ? Je
soutiens l’octroi du droit de vote aux étrangers aux élections
municipales parce qu’il s’agit d’un droit qu’ils doivent avoir et qui
constitue une preuve du degré d’implication des citoyens dans leurs
communautés. Outre avoir été le promoteur de cette initiative, je suis
très fier que cela soit possible aux prochaines élections municipales
en 2011, date à laquelle j’espère que sera signé l’accord qui facilite
le vote entre le Maroc et l’Espagne. Il est important que les étrangers
puissent élire la personne qui dirigera directement les infrastructures
de leurs quartiers, qui résoudra les problèmes qui apparaissent au
quotidien, etc. De plus, je sais que les élections municipales auront
bientôt lieu au Maroc et les gens connaissent les enjeux. Et même si la
droite, et plus particulièrement le Partido popular, s’y oppose, il est
nécessaire que les étrangers aient ce droit.
La proposition
formulée en septembre dernier par Zapatero, consistant à octroyer une
certaine somme aux populations émigrées contre la promesse de quitter
le territoire espagnol, semble avoir échoué. Pourquoi, selon vous ? C’est
une mesure bien pensée étant donné que la personne qui désire y adhérer
a le permis de résidence garanti à son retour. Mais peut-être que le
manque d’information ou la situation de crise mondiale a fait que
beaucoup de gens se méfient de cette mesure. Les gens préfèrent rester
sur leurs lieux de résidence car ils pensent que s’ils partent, ils
devront recommencer de nouveau toutes les démarches administratives, ce
qu’ils n’apprécient guère. Malgré tout, les personnes sont libres de
décider où elles veulent être et c’est une option à leur disposition.
Selon vous, comment contrer la stigmatisation et les discriminations à l’égard de la communauté marocaine en Espagne? Pour
lutter contre la stigmatisation de la communauté marocaine, il faut
tout d’abord que celle-ci se fasse connaître et promeuve les aspects
positifs de la cohabitation et de notre culture d’origine. Nous ne
pouvons pas attendre que ce soit les autres qui se battent pour que les
gens aient une bonne opinion de nous. La meilleure façon d’éviter les
préjugés et la discrimination reste toujours d’augmenter la
connaissance de l’autre, et ceci est un des éléments auquel nous
travaillons particulièrement au sein du PSOE et du groupe Arabe
socialiste.
Que pensez-vous du cas Ceuta et Melilla ? Ceuta
et Melilla sont deux bons exemples de cohabitation interculturelle dans
laquelle le respect à la diversité et la cohabitation entre différentes
communautés a créé un modèle social exemplaire. Je dirais même plus,
elles sont le reflet de la cohabitation réussie entre les cultures, qui
se traduit par le succès de l’Alliance des civilisations.
BIO
1976. Naissance à Tanger. 2000. Militant au PSOE. 2006-2008. Responsable du programme immigration et Interculturalité. 2009. Candidat aux Européennes en juin prochain.
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