Les récentes visites d’indépendantistes sahraouis dans les camps de Tindouf ont provoqué un branle-bas de combat au niveau national.
Par : Fédoua Tounassi
«Nous condamnons les visites de ces individus aux camps de Tindouf
et réaffirmons notre indéfectible attachement à la première cause
nationale : le Sahara, et considérons ces individus comme des
traîtres». Telle a été en substance le message que les partis, ainsi
que certaines personnalités de la société civile ont passé pendant deux
jours, mardi 6 et mercredi 7 octobre, dans les journaux télévisés des
deux chaînes nationales. Sans pour autant que le téléspectateur lambda
ne comprenne quoi que ce soit à cette histoire. De quoi s’agit-il
exactement ? Qui sont ces individus que l’on catalogue comme traître à
la nation ? Personne ne pouvait le dire. Il a fallu attendre deux ou
trois jours pour savoir que ce sont des militants indépendantistes
sahraouis qui se sont rendus dans les camps de Tindouf et qu’ils ont
été arrêtés à la frontière mauritanienne à leur retour.
Ressouder l’activisme pro-Polisario. Pourtant, ces visites selon des
sources sahraouies ne datent pas d’hier. Elles ont commencé en juillet
dernier. Ali Salem Tamek avait déjà conduit un groupe à Tindouf où ils
ont été reçus avec les honneurs. Comment expliquer alors la
mobilisation générale et tardive ? «L’approche de la fête nationale du
Polisario fêtée le 12 octobre ainsi que les manifestations au sein des
universités expliqueraient en partie la forte mobilisation des
autorités», explique une source sahraouie. Les différentes visites
auraient été l’occasion pour les activistes sahraouis de préparer ces
manifestations et donner un nouveau souffle à «l’intifida» enclenchée
depuis les évènements de 2005. D’autres sources estiment que ces
visites ont davantage servi à ressouder les pans de l’activisme
pro-Polisario sur le territoire marocain qui avaient connu des
divergences de vue ces derniers temps. A travers ces visites, les
militants sahraouis affichent une allégeance au camp du Polisario qui
risque de leur coûter cher au niveau international. Ces militants sont
connus pour avoir du recul vis-à-vis du Polisario. Leur allégeance à la
RASD ne sera pas bien perçue par une partie de communauté
internationale jusque-là sensible à leur discours démocrate. Des fins
connaisseurs du dossier estiment qu’ils ont commis un faux-pas en
s’affichant avec Abdelaziz qui est loin d’être un démocrate. Un
affaiblissement qui jouera en faveur des Marocains à court terme, si
ces derniers la jouent tout en finesse et ne tombent pas dans le
panneau des arrestations et interrogatoires. Ce qui ne semble pas être
le cas puisque les militants ont été cueillis à leur arrivée par les
autorités marocaines, jeudi 8 octobre à 14h sur le tarmac à Casablanca.