Le maire de Fès n’a pas failli à sa réputation de grande gueule, lors de l’émission Hiwar sur Al Oula, dont il était l’invité mardi 26 mai. Le Secrétaire général de l’UGTM a encore une fois brillé par son populisme et son aplomb, réduisant à néant les efforts des journalistes venus l’interroger. Dans une salle archicomble (celle de la Bibliothèque nationale), Hamid Chabat était accompagné de sa petite famille, mais aussi d’une grande assistance composée des syndicalistes de l’Istiqlal venus l’applaudir. Par contre, le gouvernement (en majorité istiqlalien) a brillé par son absence. Aucun ministre istiqlalien n’est venu soutenir Chabat. Abbas El Fassi a préféré se faire représenter par son fils Fihr. L’entrée de la salle était entourée d’un important dispositif sécuritaire. Et pour cause, les autorités craignaient un affrontement avec les membres de la Chabiba Ittihadia qui devait tenir ce jour-là un sit-in de protestation contre Chabat et ses supporters.
Hamid Chabat
Makhzeneries
Avion Etrange transaction Mohammed VI pourra bientôt effectuer ses déplacements à bord d’un nouvel engin. Un avion Gulfstream G-550 a été acheté par l’Armée de l’air marocaine aux Américains pour la somme de 142 millions de dollars. Ce que l’histoire ne dit pas, c’est que le prix réel de cet avion varie normalement de 42 à 60 millions de dollars, en fonction des options choisies. Ce type d’avion peut avoir plusieurs usages. Que cache réellement le Maroc derrière cette transaction ?
Limogeage Inexpérimenté ou effronté ? Le directeur du Théâtre Mohammed V de Rabat Abdellatif Nassib Mesnaoui a été limogé pour cause de «flagrant manque d’expérience dans le domaine», selon le ministère de la Culture. Mais dans les salons de la capitale, on se gausse de son insolence : avoir mal accompagné les organisateurs du festival Mawâzine dont le Théâtre était partenaire, et surtout mal accueilli des membres de la famille royale qui se sont déplacés pour le festival. Un manque d’expérience ? Assurément.
Censure
Le .com à la rescousse
Pendant deux mois, le site du collectif des femmes médecins spécialistes, en conflit ouvert avec la ministre de la Santé Yasmina Baddou, a fait l’objet d’une coupure. Une coupure qui, selon le collectif, serait «une censure déguisée par Maroc Telecom» et qui pense que «la ministre chercherait par tous les moyens à museler tout mouvement contestataire à la veille des élections communales». Le site est de retour avec une nouvelle adresse (www.cfm-ms.com au lieu de .ma). Le collectif des femmes mariées médecins spécialistes s’oppose au système de mutation qui ne respecte pas le statut marital de ces femmes.
Q&R - Abdelhamid Amine, Vice-président de l'Association marocaine des droits humains (AMDH)
«Le racisme anti-noir est de retour dans notre pays»
Suite aux propos antisémites prononcés le 13 mai par Mohammed Oumouloud, député de l’Union constitutionnelle, le Parlement vient de rendre public un communiqué. Pourquoi un tel retard à votre avis ? Je crois que le Parlement a tardé à réagir parce qu’il n’était pas vraiment convaincu de la gravité de la situation. Lorsque j’ai lu les journaux, je me suis rendu compte que les responsables qui avaient assisté à la scène n’avaient pas condamné ce qu’a dit le député. Le Parlement a attendu que les organisations marocaines et même étrangères condamnent tout cela pour réagir. Ce n’est donc pas une réaction naturelle d’un corps responsable, mais un communiqué de gens qui ont voulu se rattraper.
Ne pensez-vous pas que le communiqué n’est pas assez ferme ? D’autant qu’il ne sanctionne pas le député qui a souhaité la mort au peuple juif… De toute façon, il ne pouvait pas être ferme. C’est le résultat d’un compromis qui illustre admirablement ce qui se passe au Maroc. Dans les manifestations, on observe des slogans anti-juifs alors qu’ils devraient être antisionistes. Il y a confusion. On doit immuniser le peuple contre toutes les formes de racisme. Même le racisme anti-noir est de retour dans notre pays. Force est de constater que nous ne sommes pas dans un pays démocratique.
Peut-on parler d’un antisémitisme d’Etat ? L’Etat a une position contradictoire. Il se veut proche des Etats-Unis et prône une normalisation avec Israël. L’Etat est vigilant. En même temps, il y a beaucoup de propos dans les manuels scolaires contre le judaïsme qu’il faut condamner. n
Société
Ramène ta fraise
Le ver est dans la fraise. Enrôlées dans le sud de l’Espagne pour la récolte des fraises, principalement à Huelva, les travailleuses marocaines pourraient bien poursuivre leur labeur… au Maroc. «La rançon de la fraise», documentaire signé Béatrice Limare et diffusé le 26 mai sur France 5, tire la sonnette d’alarme. La fraise cultivée en hiver est un marché juteux, mais aux conséquences néfastes, tant sur le plan des droits humains, avec des travailleuses exploitées, voire harcelées, que sur le plan social, sanitaire et environnemental. Le documentaire souligne par ailleurs les difficultés économiques de l’Andalousie, concurrencée par le Maroc où le soleil et la réglementation sont plus cléments. Réactifs, les producteurs de Huelva commencent à installer leurs exploitations au Maroc, «nouvel eldorado de la fraise» pas moins critiqué pour autant pour une culture qui fait des dégâts sur tous les plans. La fraise a décidément un arrière-goût amer.
Pays-Bas
Un indic dans la police
Le Parquet de La Haye a annoncé mercredi 27 mai la mise en examen d’un ancien policier néerlandais d’origine marocaine soupçonné d’espionnage. Redouane Lemhaouli, 38 ans, est accusé d’avoir transmis aux autorités marocaines des informations confidentielles de la police hollandaise. Renvoyé de son poste de brigadier en juillet 2008 lorsque l’affaire éclate, l’homme appartiendrait, selon la justice néerlandaise à un vaste réseau d’espions basé aux Pays-Bas. L’ancien policier, originaire du Rif, est une véritable figure locale à Rotterdam, connu pour son engagement au sein de la communauté marocaine.
Communales
Sajid résiste Pour espérer un autre mandat, le maire de Casablanca Mohamed Sajid, ne rate aucune occasion pour mettre en avant ses réalisations. Lors d’un colloque organisé dernièrement par l’Iscae sur la gestion communale, Sajid a volé la vedette et profité de l’occasion pour entamer sa campagne électorale. Il n’a pas manqué d’évoquer aussi le procès symbolique qu’ont organisé dernièrement les partis de gauche pour traiter le maire «de mauvais gestionnaire». «Un procès où ni la défense ni l’accusé n’étaient présents», a-t-il ironisé. Karim Ghellab, le candidat de l’Istiqlal pour le poste, a visiblement du pain sur la planche.
El Moudden soutient El Himma Le parti de Fouad Ali El Himma continue son show. La dernière victime du parti du tracteur est Mohamed El Moudden, le célèbre commentateur des activités royales sur la première chaîne. Son apparition lors d’une réunion du PAM à Kelaât Sraghna, dans la région de Marrakech, a soulevé un tollé au sein de la direction des informations au Cabinet royal. L’information a été rapportée par le quotidien Al Massae qui a ajouté que le journaliste aurait reçu un avertissement de sa hiérarchie. Reste à savoir qui a donné le feu vert à Mohamed El Moudden pour s’afficher aux côtés de l’ami du roi.
Tête d’affiche
Fakihani hospitalisé
Ancien prisonnier politique de gauche, journaliste de talent, Abdelfettah Fakihani subira prochainement une opération chirurgicale très délicate. Son état de santé est très inquiétant. Après sa sortie de prison en 1989 (où il a passé plus de 12 ans pour ses idées politiques), Fakihani refuse les indemnisations qui lui ont été proposées par la nouvelle ère. Il effectue un passage -plutôt décevant- à Al Alam (organe de presse de l’Istiqlal) avant de rejoindre l’AFP en 1995. Il est l’un des journalistes les plus respectés en raison de son intégrité morale et son professionnalisme.
Tête d’affiche
Khiyari: le verdict
Le procès du militant rifain Chakib Khiyari s’est poursuivi vendredi 29 mai à Casablanca dans un climat d’optimisme malgré l’acharnement des autorités judiciaires. Selon son avocat Me Hajji, «il s’agit d’un procès qui n’est pas innocent. Ce n’est pas une affaire judiciaire mais une vengeance». Khiyari, faut-il le rappeler, a été poursuivi en raison de déclarations faites à la presse dans lesquelles il affirme, de manière très générale, l’implication de gros bonnets dans le trafic de drogue.
Droits de l’homme
Un autre rapport qui accable
«Les libertés d’expression, d’association et de réunion sont soumises à des restrictions. Les personnes qui formulaient des critiques au sujet de la monarchie ou des opinions contraires à la position officielle sur d’autres sujets considérés comme politiquement sensibles font l’objet de poursuites pénales». Le dernier rapport d’Amnesty International sur la situation des droits de l’homme reste semblable à ceux déjà publiés. L’ONG reproche au makhzen de faire usage d’une force excessive pour disperser des manifestations antigouvernementales. Des partisans de l’autodétermination pour le Sahara occidental sont harcelés et inculpés. Certaines allégations de torture n’ont fait l’objet d’aucune enquête et les victimes d’atteintes aux droits humains commises dans le passé n’avaient pas véritablement accès à la justice. Cette année encore, des milliers d’étrangers ont été arrêtés, détenus et expulsés collectivement. Mais Amnesty insiste sur le fait que la critique de la monarchie reste le sujet tabou. «Des poursuites judiciaires ont été entamées contre les personnes qui avaient exprimé des opinions que les autorités considéraient comme portant atteinte au roi et à la famille royale», note le rapport.
Médias
Exit sort de scène Encore un support de la presse culturelle qui rend les armes. Si vous ne l’avez pas trouvé en kiosque ce mois-ci, c’est parce que le mensuel Exit, magazine culturel et guide urbain lancé en mars 2003, s’arrête quelque temps. «Il s’agit d’un arrêt temporaire», précise Neïla Tazi, directrice de publication d’Exit. Le temps de faire le point sur une éventuelle stratégie à mettre en place pour contourner le problème des annonceurs, pas nombreux à miser sur ce type de support spécialisé.
Arrêt sur image
Tolérance zéro
Dernière ligne droite pour les 315 000 candidats au baccalauréat. Le 2 juin prochain débuteront les épreuves de physique et d’arabe qui ouvrent traditionnellement le bal pour les lycéens de l’enseignement scientifique et littéraire. La fermeté sera de mise contre la triche. Le mot d’ordre est tolérance zéro contre la fraude.
Le Maroc vu d’ailleurs
Les «Jeunes turcs» du PJD
L’hebdomadaire Jeune Afrique les surnomme «les jeunes turcs» en référence au parti ottoman réformateur de 1889. Révélée par le congrès d’avril 2004, cette nouvelle classe dirigeante entend bien imposer son influence au sein des instances du parti islamiste. Selon l’hebdomadaire francophone, Mustapha Khalfi qui dirige le quotidien du parti est le reflet de cette «génération sans complexe». «Style novateur, barbe fine, peu de références aux préceptes religieux, il incarne la montée en puissance des quadragénaires ayant suivi un enseignement moderne, souvent complété par une formation ou une expérience en Occident». L’enquête de Jeune Afrique explique que cette frange du parti islamiste mène de nombreuses opérations séduction vers l’Occident. «Notre conquête du pouvoir passe par un relais de nos messages à l’étranger. Une partie de la politique marocaine est influencée par Washington, Madrid et Paris», explique Khalfi. Ce qui expliquerait que le PJD mette en tête d’affiche de l’appareil des polyglottes au détriment des arabophones. La force de cette classe politique montante est leur réseau, notamment chez les marocains résidents à l’étranger (MRE). Le parti accueille ainsi Neza El Ouafi, un parlementaire qui réside en Italie, et Mohammed Amahjour, diplômé de l’université de Belgique. Le jeune wallon explique son débauchage : «J‘étudiais l’Histoire des civilisations de l’Islam à l’université de Bruxelles quand Abdelaziz Rebbah m’a proposé de rencontrer le Secrétaire général pour prendre le poste de directeur central». D’après l’hebdomadaire, les quadras du PJD souhaitent mettre en place un projet de société basé sur le nationalisme économique et le développement des politiques sociales dans un cadre religieux. Reste à savoir si cette nouvelle classe de cadres pourra permettre de donner naissance à un courant musulman démocrate à l’image de la démocratie chrétienne européenne.
Jeune Afrique du 24 au 30 mai 2009.
Evénement
Du poker à Marrakech
Chilipoker.com et WPT Enterprises lancent pour la première fois en terres africaines une étape du World Poker Tour. Et c’est au sein du Es Saâdi Gardens & Resort qu’aura lieu cette étape comptant pour le championnat du monde du poker. Des tournois satellitaires ont déjà démarré pour désigner les heureux qualifiés pour cet événement international. Les organisateurs justifient ce choix par «la proximité de la ville ocre de l’Europe, sa large capacité d’accueil dans ses hôtels et son statut de destination glamour de plus en plus active à l’échelle internationale». Le World Poker Tour mise sur la participation des meilleurs joueurs mondiaux de poker. Une retransmission télévisée des matchs est également au menu. Des voix ont déjà commencé à manifester leur opposition à la tenue d’un tel événement, notamment sur les colonnes du quotidien islamiste Attajdid.
Insolite
Enchères à la Mamounia La vente aux enchères de 5 000 lots du mobilier de La Mamounia s’est achevée le 24 mai. Les recettes sont estimées à 3 millions d’euros. Les acquéreurs ont payé, en plus des enchères, des frais de 23% en commissions à l’organisateur. Cela n’a pas freiné les collectionneurs qui se sont arraché les lots. Avec plus de 500 enchérisseurs, la vente s’est déroulée dans une salle comble au Palais des Congrès de Marrakech. Il y a eu une clientèle nationale et internationale avec des acheteurs provenant de France, d’Italie, d’Espagne, de Grande-Bretagne et même du Gabon.
Femmes fatales Ce n’est pas tous les jours que l’on tombe sur une pareille affaire. Dix femmes, dont une mère divorcée de 40 ans, ont semé pendant plusieurs semaines la terreur dans les quartiers de la capitale économique avant que le groupe ne soit démantelé par la police. Les membres de ce gang commettaient leurs délits à proximité des souks et des kissariates dans les quartiers populaires de Casablanca. Ils étaient aidés par dix garçons qui effectuaient les basses manoeuvres. Vol avec usage d’arme blanche, vol à l’arraché, agression, vol de motos et consommation de drogue sont autant de délits qui leur sont reprochés.
Sebta
Tragique bousculade
Lundi 25 mai, deux femmes sont mortes écrasées et asphyxiées sous «une avalanche humaine», selon les termes d’El Pais. Sept autres, blessées, ont dû être transférées à l’hôpital de Sebta. L’incident a eu lieu lorsqu’environ 200 personnes ont afflué pour gravir les marches du pont reliant l’enclave espagnole au territoire marocain. Ouvert il y a quatre ans, le passage de Buitz, où s’est produit le drame, était censé désengorger Tarrajal, la frontière officielle, mais des précédents avaient déjà eu lieu. Une semaine avant l’incident meurtrier deux personnes avaient été blessées. Pour l’UDCE (parti de l’union démocrate sebtia), «le manque de volonté et la négligence» des gouvernements espagnol et marocain, responsables de l’ouverture de ce passage, sont à l’origine de ce drame, qui ajoute que les administrations des deux pays doivent absolument ouvrir «un dialogue pour parvenir à un accord de gestion commune et une réglementation de la circulation».
Etude
Le sexe, le stress et les Marocains
70% des Marocains sont satisfaits de leur partenaire. C’est ce que révèle une étude menée par le docteur Mounir Charif Chefchaouni sur les habitudes sexuelles d’un panel de 812 Marocains âgés de 35 à 60 ans. Parmi les Marocains interrogés, 45 % font l’amour 2 à 3 fois par semaine. La durée moyenne d’un rapport varie de 31 à 60 minutes. Une bonne moyenne qui contraste avec la hausse constante des troubles de l’érection. Les capacités sexuelles des hommes se réduisent au fil des générations. Une véritable menace pour le docteur Chefchaouni. Un fléau causé essentiellement par le stress. Les problèmes d’érection arrivent en tête des troubles observés. Cette impuissance sexuelle croissante serait aussi le fruit de problèmes de santé, en particulier le diabète et l’hypertension.
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