Une enquête de l’ONG Transparency International concernant la corruption dans 69 pays vient d’être rendue publique. Au Maroc, où l’étude a été menée auprès de 500 ménages, les chiffres, relativement stables depuis 2006, se situent toujours au-dessus de la moyenne mondiale. Si sur le plan international, 50% des ménages interrogés sont prêts à payer une prime pour acheter des biens et des services à des entreprises «propres» (non corrompues), ils sont 78% au Maroc. Sont perçus comme «extrêmement» corrompus : les fonctionnaires (95%), le système judicaire (80%) et les partis politiques (53%). A ce propos, 36 % des ménages considèrent que le secteur privé utilise souvent ou presque toujours la corruption pour influencer la politique du gouvernement. Et 64 % considèrent que l’action actuelle du gouvernement est inefficace dans la lutte contre la corruption. Concernant les pots-de-vin, leur montant approximatif est inférieur à 250 dirhams pour 20% des sondés et de 250 à 500 dirhams pour 7% d’entre eux. Bien que très parlants, ces chiffres ne peuvent à eux seuls révéler l’étendue de la corruption...…
Makhzeneries
LogementPolice remontée Ils ont jusqu’au 22 juin pour quitter les lieux. Eux, ce sont les retraités de la police installés dans la résidence «Complexe sportif Mohammed V» qui appartenait à Mohammed V. Lalla Malika, Lalla Aïcha et Ahmed Osman ont saisi le tribunal de première instance qui a émis un avis d’expulsion aux retraités et leurs familles. L’avocat de la défense conteste qu’il s’agit de logements de fonction, contrats de bail à l’appui.
El Himma Un voyage, un aval Des sources concordantes assurent que Fouad Ali El Himma, fondateur du PAM (Parti authenticité et modernité) s’est rendu à Paris le 28 mai dernier pour s’entretenir avec le roi Mohammed VI, à la veille de l’annonce, à Rabat, du passage du PAM à l’opposition (voir décryptage P. 18 à 25). Les mêmes sources ajoutent que Fouad Ali El Himma aurait informé le souverain de son projet de prendre ses distances vis-à-vis du Premier ministre Abbas El Fassi. A-t-il obtenu son aval ?
Zahra Boudkour
La suite...
Pendant la période où elle était en grève de la faim, Zahra Boudkour, plus jeune détenue d’opinion, avait passé ses examens à l’université Cadi Ayyad. «Elle a même eu la mention bien», atteste sa sœur Lbchara. «Mais ses résultats du deuxième semestre n’ont pas été validés, les responsables lui reprochant son absence aux travaux dirigés». Les responsables de l’université font la sourde oreille face aux demandes d’explications de la famille Boudkour. Lbchara Boudkour, ainsi que les familles des dix autres étudiants, se rendront le lundi 8 juin à l’AMDH à Rabat.
Q&R - Driss Chahtane, directeur de publication de l’hebdomadaire Al Michaâl.
«La demande de m’interdire frôle le ridicule»
Que vous reproche la tante du roi ? La convocation du tribunal de Première instance de Casablanca que nous avons reçue indique précisément qu’une association nommée «Association de défense des intérêts Amehzoune Moha Ouhammou Zayani» a porté plainte contre notre hebdomadaire pour diffamation. Un dossier que nous avons publié quelques semaines auparavant intitulé «Scandale de la famille Amehzoune» serait à l’origine de la plainte. Donc, c’est très clair, il ne s’agit pas seulement de la tante du roi. La convocation explique aussi qu’on a affaire à une association qui prétend être partie prenante dans la poursuite d’Al Michaâl et le président de la section de l’Association des droits de l’homme à Khénifra.
Pourquoi accuse-t-on Al Michaâl, alors que toute la presse a parlé de la mafia de la famille Amehzoune ? Personnellement, je ne sais pas pourquoi. L’association précitée nous a choisi parmi tous les organes de la presse qui ont parlé de l’affaire. Peut être cela est-il dû à la simple raison que nous étions les premiers à parler de l’injustice que les habitants de la région de Khénifra subissent à cause de cette famille qui se considère au dessus des lois. Al Michaâl avait consacré sa Une à l’affaire avant que le scandale de la tante du roi et de l’avocate n’éclate au grand jour.
Avez-vous confiance en la justice? On garde confiance dans notre justice puisque l’affaire est déjà entre les mains du juge. C’est à lui de trancher maintenant. Et pour la demande de m’interdire d’exercer, je trouve que cela frôle le ridicule.
Benkirane
Ce qu’il pense de l’alcool
Pourquoi y a-t-il eu des manifestations contre la vente d’alcool devant le supermarché Carrefour de Salé au cours du mois de mai ? «L’alcool mis à la disposition des jeunes engendre davantage de débauche, de criminalité et d’insécurité», déclare Abdelillah Benkirane, secrétaire général du Parti justice et développement (PJD) et député de la ville de Salé. Il ajoute : «Dans les quartiers populaires, ça ne se passe pas comme dans d’autres quartiers. Nous n’avons pas de super villas qui font entrer du vin pour boire en famille et rester tranquille»! Faut-il interdire la vente d’alcool dans toutes les grandes surfaces du royaume ? «J’aimerais bien», répond Benkirane qui précise que les Marocains ne doivent pas interdire l’alcool parce qu’ils sont musulmans mais parce que l’alcool est un danger en terme de sécurité. «Tout le monde connaît son Dieu et sait ce qu’il doit faire, ce n’est pas à moi de le dire». Abdelilah Benkirane avait été invité par un groupe d’associations à tendance islamiste pour protester contre l’ouverture du rayon alcool de Carrefour. «J’ai été honoré de cette invitation mais je n’ai pas pu m’y rendre», se justifie le Pjdiste.
Abdelilah Benkirane.
Détenus salafistes
Capitulation ?
Visiblement, la liberté coûte cher. Très cher même pour les détenus salafistes. Ces détenus ont accepté les conditions posées par le ministre de l’Intérieur Chakib Benmoussa sur la possibilité de bénéficier de la grâce royale en échange de l’allégeance à la monarchie alaouite et la reconnaissance des fautes commises. «Même Abou Hafs, radicalement attaché à ses principes, serait en passe d’accepter les conditions du makhzen», ironise une source proche des détenus qui ajoute que «Kettani reste la tête brûlée de tous».
COMMUNALES
Où sont les harakis ? Déserté par près de la moitié de ses députés et par autant de notables qui ont rejoint le PAM, des sources internes parlent de l’imminence d’une crise au MP qui pourrait éclater avant même le scrutin du 12 juin. Un groupe de militants serait en passe de créer un nouveau parti : le Mouvement populaire national. Il faut dire que le parti est abandonné par ses principaux dirigeants : Laenser est trop occupé par son élection à Imouzzer, Aherdane absorbé par ses tableaux et Ameskane se retire au profit de son fils.
Un peu de stats Selon les statistiques établies par le gouvernement, la répartition des appartenances politiques des candidats aux communales du 12 juin prochain se fera de la façon suivante : 12,95% des candidats appartiendraient au PAM (Parti authenticité et modernité), 12,09% au parti de l’Istiqlal, 9,63% au RNI (Rassemblement national des indépendants), 9,4% à l’USFP (Union socialiste des forces populaires), 6,82% au PJD (parti de la justice et du développement) et 6,58% au MP (Mouvement populaire).
Anfa féministe Nawal Moutawakil est certainement trop occupée pour se présenter aux élections communales. Dans la circonscription d’Anfa, où elle devait affronter la ministre Yasmina Baddou et Bassima El Hakkaoui du Parti justice et développement, c’est finalement la jeune députée du Rassemblement national des indépendants qui la remplace, Mbarka Bouaïda. Ayant gagné son siège parlementaire avec la liste nationale, Bouaïda a déjà entamé sa campagne. «Je garde confiance même contre des gros calibres», ironise-t-elle.
Tête d’affiche
Akhennouch : bouc émissaire
Après la polémique sur le Plan vert, c’est au tour de la pêche maritime de faire perdre le sourire au ministre de l’Agriculture Aziz Akhennouch. Une délégation de la Commission européenne a débarqué au cours de la semaine dernière et prévoit d’effectuer une tournée dans les ports pour savoir comment les aides européennes sont affectées au secteur de la pêche. Des manifestations ont éclaté à l’improviste dans plusieurs ports pour protester contre le ministre et sa politique «d’écrémage», selon le syndicat des pêcheurs.
Tête d’affiche
Jamal Ouahbi traqué
Le journaliste du quotidien arabophone Al Massae a été interpellé le jeudi 4 juin par les autorités espagnoles à la douane de Sebta. Il a été conduit au tribunal de l’enclave. Jamal Ouahbi se rendait en Espagne pour aller chercher sa femme espagnole. Les autorités ibériques ont prétexté qu’une personne aurait porté plainte contre lui à Malaga. A l’heure où nous mettons sous presse, Ouahbi est toujours entre les mains des Espagnols. Derrière cela se cache sans doute la volonté des autorités espagnoles de contrôler les journalistes marocains.
Le Maroc vu d’ailleurs
L’Amérique rend hommage aux Mourchidates
C'est peut-être là un autre signe de l'ouverture des États-Unis sur le monde musulman. Dans un article paru le samedi 30 mai, le Washington Post rend hommage aux Mourchidates marocaines. Le quotidien dresse le portrait de l'une d'entre elles, Nezha Nassi, invitée par le Département d'État et par des leaders religieux féminins dans le cadre d'une tournée organisée par le Centre culturel maroco-américain. Sous la plume du journaliste Robin Shulman, l'article explique qu'au Maroc, «les paroles de Nezha Nassi ont du poids. Parce que Nassi est une mourchida, une conseillère religieuse récemment formée par le ministère marocain des Affaires religieuses pour enseigner l’Islam. Elle est formée pour occuper les mêmes fonctions qu’un imam, sauf la direction de la prière». La femme de 42 ans est venue accompagnée de deux consœurs pour une visite officielle dans la capitale américaine. «J’ai toujours rêvé d'être un leader», explique-t-elle. Nezha Nassi est une pionnière. Elle faisait partie de la première promotion de murchidates en 2006. Ces femmes interviennent dans des contextes familiaux très difficiles : «une femme avec un cancer qui a perdu la volonté de vivre, le garçon en conflit avec sa mère, l'adolescent qui sniffe de la colle». Parfois, il faut insister, persister pour atténuer les cicatrices familiales. Et bien souvent, là où les services sociaux sont absents, il y a ces femmes de l'ombre. Sa dernière mission, Nezha Nassi l'a effectuée à Rabat auprès «d'une jeune fille de 18 ans incarcérée pour une affaire de drogue. La fille avait peur de quitter la prison parce que ses parents ne voulaient plus d’elle au domicile familial. Pendant des mois, Nassi a conseillé la jeune fille […], est allée voir sa mère pour la convaincre de la reprendre, lui expliquant que la situation de sa fille serait pire si elle restait dans la rue et qu’elle avait fait des efforts pour " décrocher" de son addiction à la drogue». La mère a depuis décidé de reprendre sa fille. Pour le Washington Post, le rôle de ces «sœurs» est avant tout celui de confidentes. Une mission exercée dans des conditions précaires, le journal dressant un tableau bien sombre du royaume. «Les Mourchidates prennent en charge les problèmes de société comme le SIDA, le viol, les grossesses précoces dans un pays pauvre, avec un chômage à deux chiffres où la jeunesse est confrontée à l'abus d'alcool, la toxicomanie et l'extrémisme religieux». Selon l'analyse du quotidien, ce programme fait partie «d'un vaste mouvement mondial qui vise à réhabiliter le statut de la femme dans la religion».
Washington Post du 30 mai 2009.
Aide européenne
Enveloppe destination Sahara
Jeudi 4 juin, la Commission européenne débloquait 10 millions d’euros d’aide humanitaire en faveur des populations sahraouies installées dans des camps. «Ces réfugiés sont victimes d'un des plus anciens conflits, gelés et oubliés. Tant que ce conflit ne trouve pas d’issue politique et diplomatique, les réfugiés continueront de dépendre quasi exclusivement de l'aide internationale pour leur survie», a précisé Olli Rehn, commissaire à l'Aide humanitaire. Près de 5,5 millions d’euros seront consacrés à l’aide alimentaire, le reste étant alloué à l’amélioration des conditions de vie des réfugiés, rapporte l’AFP. Cette somme de 10 millions d’euros s’ajoute aux quelque 130 millions d’euros fournis depuis 1993 par Bruxelles qui s’engage à «aider ces personnes vulnérables jusqu'à ce qu'une solution politique soit trouvée à leur situation difficile».
Insolite
Hmar et pas si bikhir que ça À la Une de plusieurs quotidiens ce jeudi 4 juin… un âne. L’animal a été choisi par des habitants de Nador pour mener une marche dans les rues de la ville, ce mardi 2 juin. Objectif : dénoncer la corruption qui entache la campagne électorale. Relayée sur le site YouTube, l’initiative n’a pas été du goût de la police locale qui a arrêté des manifestants avant de les libérer le soir même aux environs de minuit. Les quotidiens mentionnent que l’achat d’un vote peut rapporter à Nador jusqu’à 600 DH. De quoi sommer les responsables qu’on arrête de prendre les citoyens pour des ânes.
La cendrillon milanaise Une Marocaine installée en Italie vient de gagner le gros lot. La jeune femme, qui a servi comme gouvernante pendant près de 10 ans chez un richissime Milanais, a hérité d’un joli pactole. Pour la récompenser de son abnégation, il avait pris soin avant de s’éteindre récemment à l’âge de 80 ans de lui léguer sa somptueuse demeure dans le centre de Milan, estimée à plusieurs millions d’euros. Héritant de clopinettes, les proches du défunt poursuivent l’heureuse élue en justice. En attendant, la jeune femme a rameuté toute sa famille du Maroc et a quitté sa chambre de bonne pour prendre ses quartiers dans ses nouveaux appartements.
Affaire Ben Barka
Dilami trinque
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné de façon définitive Abdelmounaïm Dilami, directeur du quotidien arabophone Assabah, dans le procès qui l’opposait à Joseph Tual, journaliste à France 3. Pour rappel, la 17e chambre correctionnelle avait déjà condamné par défaut Dilami, le 14 octobre 2008, à 3 000 euros d’amende et 5 000 euros de dommages et intérêts. La raison ? Dans un article d’Assabah intitulé «Les services de renseignement algériens prennent la maîtrise du dossier Ben Barka», datant du samedi 3 au dimanche 4 novembre 2007, le journaliste Khalid El Attaoui avait écrit : «le journaliste Joseph Tual est le pivot des services de renseignement algériens (...) ce journaliste est un jouet aux mains de certains services qui veulent nuire au Maroc». Et d’ajouter : «Immédiatement après avoir pris connaissance des mandats d’arrêt du juge à l’encontre du Général Housni Benslimane et des autres témoins dans le dossier Ben Barka, il a pris contact avec France 3». Autre information autour de l’affaire : vendredi 29 mai, lors d’une conférence à Rabat, Maurice Buttin, l’avocat de la famille Ben Barka, a annoncé que le mandat d’arrêt signé par le juge Ramael à l’encontre de plusieurs responsables marocains impliqués dans l’assassinat de Mehdi Ben Barka (révélé par Tual) n’avait jamais dépassé les frontières françaises. «Le mandat n’a jamais été envoyé aux autres pays. Ni dans l’espace Schengen ni dans celui d’Interpol».
Abdelmounaïm Dilami.
Parution
Et un de plus ! L’ouvrage du chercheur Pierre Vermeren intitulé Le Maroc de Mohammed VI, vient de paraître aux éditions La découverte. Le livre s’appuie essentiellement sur la presse marocaine francophone de ces deux dernières années et sur les ouvrages de référence sur le royaume. L’auteur justifie la parution de son livre par les dix années qui marquent l’avènement de Mohammed VI. La politique, le roi, ses proches, la place de la religion, les droits de l’homme, la culture, l’émigration, l’économie, l’éducation… tous ces thèmes sont passés à la moulinette pour comparer le Maroc d’aujourd’hui à celui de Hassan II.
Arrêt sur image
Les petites mains de Dacia
Après le Brésil, la Russie et la Roumanie, au tour du Maroc d’accueillir la production de la Dacia Sandero. «Nous sommes dans une gamme de prix coréens, voire chinois», annonce Frédéric Posé, directeur marketing du groupe Renault au Maroc. La Sandero sera ainsi vendue de 78 500 DH pour le modèle le moins cher, et à 121 900 DH pour le plus cher. Des minis prix pour des minis coûts de main d’œuvre?
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