Journal N° 401
Mise en ligne le : 26/06/2009
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AMDH
Trente années de lutte

L’anniversaire de la création de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) promet des manifestations à l’image du travail accompli par l’association. Même si la mort du journaliste Abdelfettah Fakihani a attristé les camarades d’Abdelhamid Amine, qui ont annulé certaines manifestations prévues pour l’occasion, d’autres tiennent toujours. Le 20 juin 2009, un marathon devait être organisé dans la capitale et une journée d’étude sur la culture des droits de l’homme au Maroc. En collaboration avec le Forum vérité et justice (FVJ), un hommage sera également rendu aux victimes des émeutes de 1981 en organisant un sit-in devant la tristement célèbre caserne des pompiers de la ville de Casablanca. Des conférences seront aussi données sur le thème des mouvements contestataires au Maroc ainsi que la présentation du rapport annuel de l’AMDH sur les violations des droits de l’homme. «Ces activités seront aussi le début des préparatifs du Congrès national de l’Association prévu pour avril 2010», explique Khadija Ryadi, présidente de l’AMDH.


Abdelhamid Amine.


Makhzeneries

Impunité
Quand le CPJ dénonce

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) vole au secours d’Al Michaâl et se dit «profondément concerné par les accusations de diffamation émises à l’encontre d’une publication marocaine par un groupe de proches du roi Mohammed VI», dans un communiqué publié ce 15 juin. Le CPJ soutient également Mostapha Adari, président de la section de l’AMDH à Khénifra, poursuivi pour avoir dénoncé «l’impunité dont jouissent certains proches du roi».

Ecole princière
Mohammed VI content

Le projet du futur roi du Maroc se concrétise. A l’occasion de la fête de fin d’année de l’école princière
au Palais royal de Rabat, Moulay Hassan a reçu le prix d’excellence de sa promotion. Le prix a été donné par ... son père. Une grande partie de la classe politique était présente. La liste des camarades du petit prince a été aussi rendue publique à cette occasions. On parle d’un petit groupe d’enfants dont les noms révèlent qu’ils appartiennent à des classes sociales très
différentes.




Algérie
Prise d’otage au consulat du Maroc

Un Algérien armé d’un couteau a pris en otage un ressortissant suisse dans la matinée du lundi 15 juin 2009. Selon la MAP, il exigeait de quitter l’Algérie pour le royaume en compagnie de son otage. L’homme, qui vit près de la frontière algéro-marocaine, s’était déjà présenté à maintes reprises au consulat en réclamant la restitution de ses terres à Zouia et Boukanoun.
Après une heure de panique et des négociations restées vaines, l’individu a été appréhendé par les forces de l’ordre algériennes.




Q&R - Mohamed Merhari, alias Momo, président de l’association l’EAC L’Boulvard.
«Notre première réaction : un grand sourire»

Comment avez-vous réagi au don royal remis à l’EAC-L’Boulvard ?
On a été plus qu’agréablement surpris. Nous avons été contactés lundi 15 juin par le secrétariat du roi à Rabat. On s’y est rendu et nous avons rencontré Mounir Majidi qui nous a remis une enveloppe. Il nous a dit que le roi avait entendu parler de nos problèmes financiers et qu’il avait souhaité soutenir notre association. Nous avons ouvert l’enveloppe et y avons découvert un montant de 2 millions de dirhams. Notre première réaction : un grand sourire. Puis on a repris le train pour Casablanca plus riches qu’à nôtre arrivée.

Comment comptez-vous investir cette somme ?
Dans un premier temps, rembourser nos dettes et redresser la situation financière de l’association. Mais nous souhaitons également consacrer une partie de cette somme à équiper le Tecknopark dans l’optique du projet du Boultek, le premier Centre de musiques actuelles dont nous prévoyons l’ouverture pour le mois d’octobre prochain. Enfin, nous verrons comment répartir le reste. Nous allons d’ailleurs tenir une réunion cet après-midi (jeudi 18 juin, NDLR) pour envisager la question plus en détails.

Allez-vous à présent rentrer dans les rangs et moins râler contre les autorités ?
Il s’agit d’un chèque personnel. C’est très bien pour nous, mais ça ne remplace ni le travail des élus ni celui du ministère de la Culture. On ne renie pas nos engagements et on continuera à faire ce que l’on a toujours fait. Après tout, c’est bien parce que notre travail est apprécié qu’on nous a remis ce chèque alors, il n’y a aucune raison de changer.




Hommage
Adieu Fakihani

Abdelfettah Fakihani, journaliste au bureau de l’AFP à Rabat, nous a quittés à l’âge de 60 ans. Il a été hospitalisé pendant un mois à l’hôpital Cheikh Zayed à Rabat. Pour l’avoir côtoyé pendant plusieurs années, Jaouad Mdidech, auteur de «La chambre noire», livre son témoignage : «Je l’ai rencontré en 1973 à Derb Moulay Cherif. Je me souviens d’un homme de conviction d’un humanisme extraordinaire. Il est aussi un des rares détenus politiques à avoir refusé l’indemnisation de l’Instance équité et réconciliation.» Ce natif de Marrakech, qui a suivi ses études primaires et secondaires dans la ville ocre, a débuté sa carrière dans l’enseignement à Khouribga. Il allait par la suite faire ses premiers pas dans le journalisme en collaborant avec «Anfas». Militant d’Ila Al Amam, il est condamné à perpétuité en 1977 au fameux procès de Casablanca. Il n’est libéré qu’en mai 1989. Il revient à son premier amour, le journalisme. Il collabore d’abord avec le quotidien Al Alam avant d’intégrer en 1996 l’AFP, Ignace Dalle étant alors directeur de l’agence à Rabat. Le défunt a été aussi l’auteur d’un recueil de poèmes et de plusieurs ouvrages, dont «Le puits» et «Le couloir». Abdelfettah Fakihani a été inhumé jeudi 18 juin après la prière d’Al Asr. A sa petite famille, Khadija et Ana, ainsi qu’à sa grande famille, la rédaction du Journal Hebdomadaire présente ses sincères condoléances.




Tête d’affiche
Kadhafi dérape

Le dirigeant libyen, qui est «irréprochable» chez lui, n’accepte pas qu’on le critique hors des frontières de son pays. Au Maroc, Mouammar Kadhafi a réclamé la coquette somme de 90 millions de dirhams pour dommages et intérêts aux trois quotidiens Al Jarida Al Aoula, Al Ahdath Al Maghribia et Al Massae. Le guide de la Jamahiriya estime avoir été diffamé.




Tête d’affiche
Ismael Alaoui, le réveil

Le leader du Parti du progrès et du socialisme (PPS) a choisi d’attendre les résultats des élections communales avant de dire tout le bien qu’il pense du PAM (Parti authenticité et modernité). Selon lui, le PAM est un ancien phénomène qui se répète au détriment de notre pays. Il a aussi ajouté dans une interview accordée à Aujourd’hui le Maroc que le parti de Fouad Ali El Himma a obtenu le plus grand nombre de voix parce qu’il a utilisé «des candidats qui n’ont rien à voir avec la morale politique». Sauf qu’on n’apprend rien de nouveau !




Le Maroc vu d’ailleurs
Le royaume face à la crise

Tourisme, exportations, transferts de devises, etc. Pour Florence Beaugé, auteur de l'article du Monde, le Maroc serait frappé de plein fouet par la crise. «Après avoir eu tendance, pendant des mois, à nier ou à minimiser les effets de la crise économique et financière internationale sur le royaume, Rabat admet que la crise est là, et plus dure que prévu», explique la journaliste. Désormais, même les autorités marocaines n'hésitent plus à employer le mot crise pour décrire les difficultés économiques qui touchent le Maroc en ce moment. Dans ces conditions, le royaume mise sur le tourisme mais «le gouvernement réussira-t-il à tenir son pari d'attirer 10 millions de touristes par an à partir de 2010 ?» C'est la question posée par le quotidien français. Pour
M. Boussaïd, ministre du Tourisme, aucune inquiétude. En effet, le tourisme ne connaît pas encore vraiment de réelles restrictions économiques, même si l'on constate que le pouvoir d'achat des touristes a diminué et que leurs séjours dans le royaume sont de plus en plus courts. Le problème le plus persistant reste le transfert de devises. Elles ont diminué de 15 % au premier trimestre 2009. Avec la hausse constante du chômage en Europe, la situation risque de s'aggraver. Et ce en dépit «des batteries de mesures prises par le gouvernement début juin, notamment la gratuité des transferts de fonds», explique le journal.

Le Monde du mercredi 17 juin 2009.




Rapport

Le Maroc sur la sellette
Le département d’Etat américain a publié un rapport sur le trafic humain où le royaume occupe une place d’honneur. «Le Maroc est une source, une destination et un pays de transit pour les hommes, les femmes et les enfants victimes de trafic humain pour le travail ou l’exploitation sexuelle», peut-on lire en guise d’introduction sur le Maroc. Le State Department d’Hillary Clinton revient sur le travail des enfants, notamment des bonnes au Maroc et la traite des blanches à destination de l’Europe et des pays du Moyen-Orient. La migration subsaharienne vers le Maroc ainsi que les abus de l’Etat marocain envers cette population sont également évoqués. «Le gouvernement marocain ne respecte pas les standards minimums pour l’élimination du trafic humain», note le rapport.




Arrêt sur image
Censure sur le mur

L’artiste marocain Mounir Fatmi a fait les frais de la censure en Italie. En cause : une œuvre présentée lors d’une exposition organisée en marge de la 53e Biennale de Venise. La police a camouflé Le grandpardon représentant le pape Jean-Paul II avec Mehmet Ali Agca qui, en 1981, avait tenté de l’assassiner. Si le pape a pardonné, la police, elle, préfère nier.




Zahra Boudkour
Enfin le procès...

Déjà reporté trois fois, le procès tant attendu de Zahra Boudkour, plus jeune détenue d’opinion, et de dix autres étudiants, s’est finalement tenu le jeudi 18 juin à la cour d’appel de Marrakech. Aucun débordement n’a été signalé. «Tout le monde était présent au procès», a déclaré Lbchara Boudkour, sœur de Zahra. La prochaine audience aura lieu le 25 juin prochain. Le 17 juin, Nicole Borvo Cohen-Seat, sénatrice communiste et responsable des libertés démocratiques au Parti communiste français, avait envoyé une lettre à Abderrazak Jaïdi, consul général du  Maroc à Paris, afin de dénoncer le cas de Zahra Boudkour. La jeune étudiante de 23 ans est emprisonnée depuis le 15 mai 2008 «comme de nombreux autres de ses compatriotes qui expriment publiquement une exigence de progrès démocratique et social», indique le document. «Je ne peux que réprouver cet état de fait», déplore la sénatrice. Juste avant le jour J, le site satirique Bakchich souligne que «s’il s’ouvre, ce procès, qui a déjà été reporté à plusieurs reprises, mettra une fois de plus en lumière les dysfonctionnements de la justice marocaine, impitoyable avec les petits et complaisante avec les puissants».




Sebta
Etrange base militaire

Un budget de 3,7 millions d’euros a été réservé par le ministère espagnol de la Défense à la construction d’une base militaire à Sebta. «Officiellement, les Espagnols disent que ce sera une base ultra-moderne dotée d’un équipement d’espionnage», explique Réda Taoujni, président de l’Association sahara marocain (ASM). «L’Espagne indique également que cette nouvelle base a pour enjeu de moderniser les deux bases déjà existantes à Sebta». Une mesure assez étrange lorsqu’on sait que le Maroc n’a aucune raison d’attaquer l’enclave espagnole. «Sebta est de la taille de Kalaât Sraghna, c’est un tout petit patelin», souligne Taoujni. C’est peut-être la future base navale de Ksar Sghir, qui inquiète réellement les Ibériques. En 2008, Mohammed VI avait lancé les travaux de ce projet, quatrième port de la marine royale marocaine, dont le coût s’élève à 1 390 millions de dirhams. «Les dépenses de la Défense en Espagne (8 240 millions d’euros) sont de 2,5 fois supérieures à celles du Maroc, mais elles ont diminué en 2009 de presque 3 % et représentent un petit effort financier : seulement 4% du budget général», notait en début d’année le  journaliste Ignacio Cembrero dans les colonnes du quotidien espagnol El Pais.




Football

Le cas Chammakh
Marouane Chammakh sera bientôt
au Maroc, selon Mounir El Hassouni, agent du joueur, qui déclare : «Chamakh est très affecté par ce qu’a déclaré la presse marocaine à son égard, il a décidé de ne plus s’adresser
à la presse». El Hassouni ajoute également que son protégé était bel et bien blessé et qu’il a perdu 25% du salaire que lui verse la Fédération de football.  Pour le moment, le cas Chammakh a été reporté sine die par
la fédération.

Fédé express
Le lundi 15 juin, Ali Fassi Fihri, président de la FRMF, a eu besoin de seulement deux heures pour répartir les tâches sur les nouveaux membres de la Fédération royale marocaine du football (FRMF). Nourredine Naybet s’occupera du comité de la «mémoire sportive» qui vient de voir le jour afin de «rendre hommage aux symboles du foot national.» Quant au Président du Raja Abdallah Rhallam, il a été élu vice-président et porte-parole de la fédé. Les autres membres du bureau fédéral se sont partagé les autres comités.



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