Un remaniement ministériel imminent ? C’est ce que rapporte le quotidien Akhbar Al Youm, qui précise que le principal bénéficiaire serait le Mouvement populaire (MP). Depuis les élections législatives de septembre 2007, ce parti pratique une opposition parlementaire quasi-insignifiante. Après le passage du PAM (Parti authenticité et modernité) à l’opposition, les portes du gouvernement semblent ouvertes à la formation d’Aherdane et de Laenser pour rejoindre l’équipe de Abbas El Fassi. «Il n’y a vraiment rien d’officiel. Je suis comme tout le monde, je lis, j’entends ce qui se dit et s’écrit, mais il n’y a rien d’officiel à ce sujet», a déclaré Mohand Laenser au Journal hebdomadaire. Si rien n’a encore été confirmé, l’éventuelle intégration du MP au gouvernement ne semble pas illogique. Le basculement du groupe parlementaire PAM dans l’opposition ne manquera pas d’affaiblir une coalition gouvernementale déjà très fragile. Il faut dire aussi qu’une opposition qui serait, désormais, composée du PAM et du PJD, compte tenu de la tension entre les deux formations, n’arrangera pas les choses.
Mohand Laenser.
Makhzeneries
Fête du trône Les militaires en sursis Les généraux retiennent leur souffle. Le roi prépare des surprises qui seront effectives pour la prochaine fête du Trône. «Il est clair qu’il prendra des décisions importantes», indique une source militaire. S’agira-t-il de changements militaires ou civils ? «Les généraux de l’ère Hassan II vont probablement être écartés», précise cette même source. La restructuration du protocole royal est également au centre des interrogations.
Initiation Protocole en culottes courtes Les bonnes habitudes se prennent tôt. La princesse Lalla Khadija a beau avoir moins de deux ans et demi, elle accompagne déjà son grand frère le prince Moulay Hassan et sa maman la princesse Lalla Salma en visite officielle. Le 25 juin, tous trois se sont rendus chez la première dame tunisienne Leïla Ben Ali, dans le cadre de la participation de Lalla Salma au Conseil supérieur de l’Organisation de la femme arabe (OFA) qui s’est tenu à Tunis.
Santé
Le Diantalvic ne présente pas de risques
On aura tout vu. Alors que l’Agence européenne des médicaments (EMEA) a lancé une mise en garde concernant des spécialités pharmaceutiques à base de Dextropropoxyphène et de Paracétamol dont le Di-Antalvic et ses génériques, le ministère de la Santé affirme que ces médicaments ne présentent «aucun risque sur la santé des patients dans les conditions normales d’utilisation respectant les prescriptions médicales». Ces médicaments seront pourtant retirés du marché français dans un an et l’ont déjà été dans d’autres pays à l’instar du Royaume-Uni et de la Suède.
Q&R - Abderrahim Jamaï, avocat, président de l’Observatoire marocain des prisons
«Les écoutes téléphoniques sont un abus de pouvoir»
Est-ce que le ministère de l’Intérieur peut utiliser les écoutes téléphoniques comme preuve contre des individus ? On ne peut pas faire cela en dehors de la procédure pénale. Sinon, c’est une menace à la liberté et une atteinte à la vie privée de la personne. Le ministère ne peut pas mettre quelqu’un sur écoutes téléphoniques et utiliser la recette de ces écoutes. Il faudrait une demande au procureur général, lequel doit faire une demande au premier président de la cour d’appel. Ces écoutes doivent être déposées dans un dossier sur lequel on se base pour la poursuite des personnes.
Le ministère n’a donc pas le droit d’opérer de la sorte… Les écoutes téléphoniques sont un moyen soumis à une législation. En dehors de ce qui est prévu dans la procédure pénale, on ne peut pas mettre quelqu’un sur écoutes par n’importe quel moyen. Et le ministère qui justifie cette pratique contre les élus n’est pas dans le domaine légal. C’est un abus de pouvoir et c’est arbitraire. Ils ne disent pas s’ils sont autorisés par la justice ou non.
Est-ce que cette pratique est courante ? Il y a sûrement des gens mis sur écoutes par le ministère de l’Intérieur. C’est une atteinte à la vie privée. Comme pour la corruption, cela se fait de manière secrète et n’est pas soumis à la justice. Il ne faut donc pas les prendre en compte. Le ministère a certainement des moyens sophistiqués qui relient les écoutes à des sections d’Interpol ou de police internationale dans le cadre de l’entraide pénale internationale et des services spéciaux. Ils s’autorisent eux-mêmes à collecter des informations. Mais pour être reconnues devant la justice, elles doivent être recueillies d’une façon légale.
Sahara Occidental
A quoi servent les négociations ?
«Une première rencontre informelle». C’est tout ce que Christopher Ross, émissaire de l'ONU pour le Sahara Occidental, a pu récolter dans sa dernière tournée dans la région. Après avoir eu des discussions à Alger, Tindouf et Nouakchott, Christopher Ross était arrivé samedi 27 juin 2009 au Maroc dans le cadre de sa deuxième visite depuis sa nomination. «Je suis optimiste quant à cette première rencontre informelle qui, j'en suis sûr, apportera une contribution importante à la recherche d'une résolution du conflit qui dure déjà depuis trop longtemps et qui entrave le travail qui doit être fait au niveau de l'intégration régionale», avait-il déclaré après son entretien avec le ministre marocain des Affaires étrangères Taïeb Fassi Fihri. Par ailleurs, «la date et le lieu de cette entrevue entre le Maroc et le Front du Polisario n’ont toujours pas été fixées», explique un haut responsable du ministère des Affaires étrangères. En attendant, toutes les parties restent campées sur leurs positions. «Le référendum d’autodétermination reste la seule solution adéquate et légitime au conflit», a déclaré le chef du Polisario après sa rencontre avec l’émissaire onusien. Christopher Ross a du pain sur la planche...
Christopher Ross.
Tête d’affiche
Ménard fâché avec Cheikha Mozah
«Que tous ceux qui m’attendent au tournant aillent se faire voir», a déclaré l’ancien responsable de Reporters sans frontières (RSF) sur les ondes de RMC le 29 juin dernier. Robert Ménard vient de quitter le poste de directeur du Centre de Doha pour la liberté d’information. «On s’est engueulé à peu près avec tout le monde au Qatar et en dehors. Au bout d’un moment, la Cheikha Mozah m’a dit que l’émir avait des problèmes avec tous les pays voisins, le Parlement a demandé qu’on me limoge», s’est-il justifié.
Tête d’affiche
Le courage de Marcouch
Maire de la localité Slotervaart où vit une importante communauté d’origine marocaine, Ahmed Marcouch, 41 ans et élu du parti travailliste néerlandais, ne cache pas son militantisme pour une société tolérante. «Il faut aller à la confrontation en disant que les homosexuels sont des gens normaux, comme nous tous, et que nous exigeons qu'ils soient respectés», a-t-il à maintes reprises déclaré. Dans son plan d’action, Marcouch prévoit l'intervention d'associations homosexuelles dans les écoles et l'ouverture d'un espace culturel gay dans le quartier.
Le Maroc vu d’ailleurs
Le mac était un ... imam !
Le jour, c'était un imam qui prêchait les préceptes du Coran en incitant les jeunes à se tourner vers la religion. Le soir, il devenait un horrible proxénète violent et abject. Le quotidien régional La Provence dresse le portrait de cet imam qui se servait de sa notoriété pour ramener des filles du Maroc avant de les balancer sur le trottoir ou dans les bars les plus glauques du Vaucluse. Abdeslam Bahiad, 54 ans, n'hésitait pas non plus à prostituer ses cousines à qui il promettait «le rêve européen». «Il a mis sur pied un vaste réseau de prostitution reposant sur de jeunes Marocaines, âgées de 14 à 25 ans, à qui l'on promettait une vie meilleure et une régularisation», explique le quotidien du sud de la France. Un trafic qui lui a rapporté des centaines de milliers d'euros. Arrivé en France en 1968, l'homme n'a travaillé que 9 ans comme ouvrier agricole. Il est pourtant propriétaire de 10 appartements à Orange ainsi que d'une villa grand luxe de 300 m2 ! «C'est dans ces appartements que les jeunes femmes effectuaient leurs passes avec des clients contactés par téléphone ou bien rencontrés dans un bar situé en face de la police municipale d'Orange et propriété de... Abdeslam Bahiad !», décrit le journaliste. Mais l'homme n'agissait pas seul. Trois de ses fils lui servaient d'hommes de main. Et la main de ces voyous était leste pour ces jeunes filles parfois mineures, tabassées quand elles refusaient un client. Elles ont vécu l'enfer. «Elles étaient totalement sous pression puisqu'il avait l'intelligence de ne pas, ou très peu, leur faire payer de loyer donc elles étaient redevables. Mais le pire est qu'elles ne touchaient rien du commerce de leurs corps !» Abdeslam Bahiad et ses trois fils sont accusés d’aide au séjour irrégulier, de proxénétisme aggravé et de blanchiment d'argent. Mais décidément, cet imam ne manque pas de culot. Il accuse les prostituées d'avoir monté un complot. Dans la ville, on le surnomme désormais le «traite humain». Un doux euphémisme pour cet homme que ses victimes appelaient entre-elles, «l'ordure».
La Provence du 30 juin 2009.
Revendication
Le droit à l’équité
Les femmes soulaliyates ont manifesté devant le Parlement le jeudi 2 juillet dernier. Frustrées par le dédain des autorités publiques, surtout le ministère de l’Intérieur, et aidées par l’Association démocratique des femmes marocaines (ADFM), elles ne comptent pas baisser les bras. Leur objectif est clair : bénéficier autant que les hommes des indemnisations lors des cessions des terres communes. Ces femmes manifestent aussi pour dénoncer l’attitude des pouvoirs judiciaires. «Nous avons introduit une action en justice devant le tribunal administratif de Rabat. Primo, l’Etat met en doute l’appartenance de ces femmes à la tribu. Secundo, il faut prouver que les terres ont été effectivement cédées. Tertio, il faut personnaliser les requêtes et non les introduire au nom de toutes les femmes», explique un membre de l’ADFM. Le ministère de l’Intérieur, par le biais du Conseil de tutelle, est responsable de cette injustice qui touche les femmes et leurs enfants.
Confidentiel
La DGED veut récupérer la MAP Yassine Mansouri n’aurait pas apprécié la nomination de Ali Bouzerda à la tête de l’agence Maghreb Arabe Presse (MAP). Selon une source bien informée, c’est lui qui serait derrière les sorties médiatiques spectaculaires de Saïd Ida Hassan, correspondant de l’agence à Madrid. D’ailleurs, Ida Hassan vient de recevoir une lettre l’informant de son licenciement de la MAP. Ali Bouzerda a récemment été nommé à la place de Mohammed Khabachi, très proche de Mansouri. «Fouad Ali El Himma avait proposé au roi Ali Bouzerda pour contrôler l’agence, mais les services secrets ne l’ont pas digéré», explique une source bien informée.
«Pauvres conseillers»... Que font les conseillers du roi, à quoi servent-ils ? Selon une source proche du Palais, les conseillers de Mohammed VI n’ont jamais été autant marginalisés. «Il s’agit principalement de Mohammed Moatassim, Meziane Belfkih et André Azoulay. Il faut dire que depuis quelques mois, ils s’ennuient véritablement dans leurs bureaux», précise notre source qui ajoute par ailleurs que cette marginalisation correspond à une montée en puissance sans précédent des «copains» du roi, notamment Mohammed Mounir Majidi et Fouad Ali El Himma.
Presse
Israël magazine interdit au Maroc
Le ministre de la Communication Khalid Naciri a ordonné le retrait d’Israël Magazine de tous les kiosques du royaume. Il s’agit d’un journal de propagande sioniste. Dieudonné, lobby iranien, Barack Obama, Hugo Chavez, etc, le magazine mélange un peu de tout et beaucoup de n’importe quoi. Dans l’édition de juillet 2009, certains passages de l’éditorial d’André Darmon frisent même l’incitation à la haine raciale. «L’ancien sénateur de l’Illinois (NDLR Barack Obama) en fléchissant notamment le genou devant le roi d’Arabie Saoudite, comme n’importe quel écolier d’une madrasa coranique (qu’il fut) … a paru rendre hommage au sens moyenâgeux du terme à un seigneur du désert, et cela au mépris du poste qu’il serait censé occuper». L’éditorialiste n’hésite pas aussi à affirmer que : «L’axe du mal est essentiellement constitué de pays arabes et musulmans». La ligne éditoriale du journal développe l’idée saugrenue que Barack Obama marcherait sur les traces de Dieudonné, lui-même soutenu par le lobby iranien ! Une chose est sûre, Israël Magazine ne manquera pas au paysage journalistique du royaume. On se demande même comment il a pu s’y infiltrer.
Lettre ouverte
Nicolas, Ben Barka, etc.
«L’affaire Ben Barka, que je connais bien, a visiblement du mal à passer chez toi. Je n’aurais peut-être pas dû informer le public de France 3 que le juge en charge du dossier avait signé cinq mandats d’arrêts internationaux contre d’éminents représentants de la haute hiérarchie sécuritaire marocaine. Des personnes que tu as saluées». C’est à Nicolas Sarkozy que s’adresse le journaliste Joseph Tual, dans une lettre ouverte publiée le 2 juillet sur le site Rue89. Règlement de comptes avec le président français, suite à sa convocation le même jour par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne à Paris. Suite du morceau choisi : «Oui, je sais, cela coïncidait avec ta première visite d’Etat au Maroc en tant que président de la République. Et je me rends bien compte que Mohammed VI et ses copains n’ont pas été très sympas, du coup, avec toi et ta délégation. C’était le 22 octobre 2007. Ah, j’oubliais, mon dirlo était dans ton charter commercial ! Faut vraiment pas lui en vouloir, il n’était pas au courant. D’ailleurs, les Alaouites lui ont réglé royalement sa note d’hôtel, sans rancune je crois».
Joseph Tual.
Partis
La colère du PAM… Le Parti authenticité et modernité (PAM) s’est fendu, le mercredi 1er juillet, d’un communiqué anti-PJD d’une rare violence dans lequel il n’exclut pas de recourir à la justice pour mettre fin à la campagne politique et médiatique dont fait l’objet Fouad Ali El Himma, membre du bureau national du PAM. Dans le communiqué en question, on peut lire notamment que les déclarations de Benkirane pourraient avoir «des conséquences juridiques et judiciaires».
L’autre USFP Dans un communiqué, les membres du parti de l’USFP d’Europe ont vivement critiqué les responsables du parti de la rose. Ils les ont accusés d’appliquer des pratiques illégales lors des élections communales. Les Usfpéistes européens tirent également à boulets rouges sur toute la classe politique marocaine. «Cela fait partie du débat légitime au sein de l’USFP», a déclaré Fathallah Oualalou au Journal Hebdomadaire.
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